2003

Tout à l’heure, en attendant le car de l’école, j’ai jeté un oeil dans la boite à livres qui est sous le buddleia, près de l’église.
Il y avait celui de Nadine Trintignant sur sa fille. Je viens de le finir, d’une traite en diagonale. C’est plus un témoignage qu’autre chose, avec un partage di’ntimité qui manque de pudeur (selon moi) – et du coup aussi d’intérêt (on se sent un peu voyeur).
 
En 2003, l’été de la canicule, l’été de la mort de Marie Trintignant, je venais de réussir à finir une relation qui basculait dans la violence. ça m’avait couté le TNS. Le “processus”, comme tant de femmes, ben je l’ai connu. Je me souviens de tous les articles dans la presse ce mois d’aout là. J’avais une sorte de torpeur à me reconnaitre aussi bien dans les témoignages et me dire : j’ai failli avoir été une femme battue. (Et là j’ai du mal à l’écrire parce que j’ai l’impression d’en rajouter, no comment). (Le seul truc que j’aime bien dans le roman de NT c’est quand elle cherche les traces de ce qu’elle aurait pu voir et qu’elle n’a pas vu – le point de vue de l’entourage, c’est intéressant). 
Ce “processus”, c’est dans un autre roman qu’il est implacablement décrit (L’amour et les forêts) (avec là aussi un côté dérangeant à plonger dans ce récit).
Je m’interroge. Décrire le processus d’une violence permet-il de mieux le comprendre (et donc de mieux s’en protéger)?
 
En partie oui, surtout quand ce sont des fonctionnements qui restent tabous (violences conjugales, racisme…) – je veux dire : pas tabous dans les grands mots, mais tabous dans leur réalité (comme le racisme qu’on voit en acte dans un cours de théâtre dans le film La mort de Danton, d’Alice Diop). Tabous dans le fait qu’ils touchent les CSP+ et +++, les gens “de gauche” (ce que formule d’ailleurs Nadine Trintignant), les gens “de la culture”, qu’ils ne sont pas épargnés, oh non, par ce qu’ils parfois dénoncent ou recalent (avec leur puissance de frappe sociale par les récits/ les imaginaires/ les hiérarchies).
 
Mais pas seulement. Maintenant il faut lâcher, voilà ce que je ressens. Voilà ce que j’ai envie de lire, de voir dans des films : pas des plongées dans le glauque, mais des exemples (au sens : des possibilités, des diversités), des trajectoires, qui ouvrent les possibles et la voie. Ou alors : des plongées dans le processus mais qui donnent des clés. 
Bon, c”était juste une petite réflexion comme ça.
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