Il n’y a pas de mauvais choix?

Il n’y a pas de mauvais choix, il n’y a que des expériences.

Certes. Mais quand même, j’ai l’impression assez patente ces derniers temps (et fort agréable, voire jubilatoire), d’être passée de l’autre côté, c’est à dire d’une série de mauvais choix à une série de bons choix. Alors je sais, il n’y a pas de mauvais choix, mais il y a quand même ceux qui vous entrainent vers des moments difficiles, des regrets, et ceux qui vous entrainent vers plus de lumière. Oh quelle vision binaire! Oh la la il faut rééquilibrer tout ça et tendre vers la neutralité! Certes.

Mais il y a eu quand même un certain nombre de choix dont j’ai eu du mal à me remettre.

Arrêter la change en cours de route. Et bingo, arrêter le TNS en cours de route 3 ans plus tard. (Tu le vois, là l’autosabotage en pleine face?)

Aller vers le mauvais mec. Celui qui appuiera là où ça fait mal dans un processus bien pervers à deux allant tellement loin qu’il y a eu des moments où passer sur un pont me faisait peur tellement j’avais envie de sauter. Et ensuite 10 ans d’anémie (= être morte de l’intérieur / vivre en pilote automatique).

Ne pas faire cette fichue thèse, n’avoir pas compris qu’il y avait des jeux de pouvoirs à l’université et qu’il fallait miser sur le bon cheval. Je parle du prof qui guide ton mémoire de DEA et qui doit être bien vu pour que tu aies la bourse puisque t’es la première puisque t’es avec le bon prof. (Tu la vois, là, la grosse claque dans ta gueule quand tu te rends compte qu’on a baissé ta note de mémoire de 2 points pour justifier le choix d’une autre personne et que le directeur du labo + du DEA te menace, je pèse mes mots, pour que tu ne dise rien, en mode « si tu fais quoi que ce soit in grille ta carrière en France). Et choisir de ne rien dire, bien sûr.

Ce genre de trucs.

Après il y a eu : choisir le bon mec. Choisir de pardonner un truc qui t’a fait tellement mal que t’as cru que tu pourrais jamais le surmonter. Choisir celui qui a beau être pas le genre de mec qui pendant que t’es enceinte fait un petit film en stop motion avec les photos de ton ventre mois après mois (comme je rêvais qu’il le fasse croyant naïvement que c’est le rôle d’un mec de faire ça pendant ta grossesse), voire qui prend pas une seule photo de toi enceinte (c’est fou comme ce genre de détail joue sur des représentations bien ancrées et sacrément difficile à décrotter dans le coeur d’une jeune femme romantique comme moi), ben c’est quand même celui qui croit en moi à fond, qui dit qu’il m’a choisi pour mon cul et mon intelligence, qui sait qui je suis, me reconnait dans mes forces et dans mes faiblesses, sait les identifier, me pousser ou me laisser tranquille pile poil quand il faut.

Il y a eu : choisir d’aller vivre à la campagne. RESPIRER. Rencontrer des gens géniaux juste à côté de chez soi, juste en allant prendre un verre. Avoir une vie sociale plus remplie qu’à Pantin où les 3/4 d’heures de métro et le rythme effrené freinaient justement le plus souvent mes vélléités de sortie (ajoutons à cela une certaine allergie aux bars bruyants, l’envie de faire des activités, et le besoin de dormir, puis un bébé qui dort pas = vous vous faites traiter de mamie par vos meilleures copines que vous ne voyez finalement jamais bien qu’elles ne soient pas si loin en km). Aller courir dehors en pleine nature, manger des mûres au passage, voir le paysage changer de saison en saison, de jour en jour. Guetter le jaunissement des feuilles et le fleurissement des bourgeons. Le matin, ouvrir la porte de la cuisine, sentir l’odeur du jardin, de la rosée, voir avec mon fils les oiseaux picorer les vers de terre pendant que nous déjeunons. Manger mieux. Dormir mieux. Aimer mieux. Se féliciter tous les jours, TOUS LES JOURS, de cette nouvelle vie si évidente qu’on ne peut même plus imaginer autrement. (Et régulièrement, ce petit rituel, toujours avec autant d’étonnement  – en rentrant de vacances par exemple ” t’imagines, là, si on devait rentrer à Pantin” “oh non l’horreur” ” tu viderais les sacs pendant que j’irais avec le petit au square” “tais toi!” / des petits rires / un silence / un vertige : que serions-nous devenus si nous ne l’avions pas fait?).

Il y a eu : choisir de lâcher, petit à petit et difficilement, ce métier qui m’a tant passionné.

Lire le livre super américain et super motivant de Julia Cameron, Développer sa créativité, offert par le mec ci-dessus mentionné. Faire les exercices. Sérieusement.

Oser sortir une caisse d’archives de l’année honnie, tout relire et commencer à écrire.

Voir une thérapeute géniale et m’y tenir.

M’inscrire au cours de céramique.

Etc, etc.

Spirale positive.

Y’a pas à dire, il y a quand même des choix qui font plus de bien que d’autres.

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