Quelques liens autour de l’approche Reggio

Reggio : la nouvelle mode de l’éducation en France? Certes, on en fait beaucoup mention sur les réseaux sociaux et dans certains blogs, mais ça reste assez confidentiel à mon avis. A ma connaissance, il n’y a pas encore d’école en France qui s’en réclame spécifiquement, et la littérature est presque exclusivement en anglais (mis à part cet ouvrage).

Reggio ce n’est pas le nom d’une personne mais d’un lieu, en Italie, où s’est développée une approche éducative favorisant la créativité de l’enfant au travers de ses 100 langages.

Pour comprendre les grands principes, un très bon article, simple et clair (en anglais), ici. Le blog An everyday story, résume aussi, en anglais, les fondements de cette approche. Pour une illustration plus concrète, la visite de la classe d’une enseignante canadienne :

 

Dans l’approche Reggio, on encourage l’enfant à utiliser des “loose parts, je traduirais ça comme des “petits trésors”, récupérés dans la nature, ou un peu partout, dont la particularité est qu’ils n’ont pas d’usage spécifique, défini au préalable, et l’enfant peut inventer ce qu’il veut avec. Des tas de blogs donnent plein d’idées autour des “loose parts” et de leur rangement à disposition des enfants. J’aime particulièrement celui là, ou alors aussi celui-là.

Comme dans la pédagogie Montessori, une grande attention est portée au matériel (de qualité, durable, beau) et à l’aménagement de l’espace. En revanche, on appelle les propositions des “invitations” (et non des “présentations”). La différence est pas seulement dans le terme : on dispose des objets/livres… à disposition de l’enfant, souvent autour d’un thème, ou d’une couleur, et il en fait ce qu’il veut (VS en Montessori : on présente à l’enfant ce qu’il est censé faire avec un matériel, et ensuite il reproduit le geste : on peut en voir des exemples très clairs sur le blog La maternelle des enfants tenus par Céline Alvarez – ce qui est un peu plus rigide).

 

En fait : c’est passionnant. Mais comme le souligne Mamandala dans cet article, (et je vous conseille de lire tout le blog qui est franchement génial), ce qui compte ce n’est pas tant les objets, les activités, les “images” de ce qu’on fait avec notre enfant – et la lecture des blogs peut avoir un effet complètement inverse à celui qui est recherché à mon sens (manquer de confiance en soi, se comparer, chercher à “bien faire”). Ce qui compte (à mon avis), c’est notre authenticité, dans notre rapport à nous même en premier lieu, et à notre enfant. Les pédagogues sont des sources d’inspirations merveilleuses qui ouvrent de nouvelles portes et de nouvelles idées, à nous de nous en inspirer en fonction de ce que nous sommes. Et je parle en connaissance de cause! Je me suis beaucoup mis la pression en tant que maman depuis que je le suis devenue. Et, ô surprise, mon fils est pas du tout comme je l’avais imaginé (avais-je imaginé quelque chose?) : il s’en fiche des jouets en bois mais adore les playmobils (alors que lui proposer des blocs pour qu’il fabrique un château serait tellement plus “reggio” que le modèle en plastique – beurk- et réaliste – rebeurk- qu’il a eu pour ses 3 ans avec lequel il passe environ 3h par jour à inventer toutes sortes d’histoires les plus abracadabrantes – en développant, je dis ça je dis rien, son imaginaire et son vocabulaire…), il joue principalement à la bagarre et construit un pistolet avec à peu près n’importe quel objet plus ou moins longiligne qui lui tombe sous la main, et ne s’intéresse pratiquement pas à la peinture, à l’argile ou aux gommettes. Bien. Eh bien c’est plus difficile pour moi de m’adapter à sa personnalité, de l’accepter, de chercher les activités à faire avec lui qui lui plaisent vraiment, que de ranger des tiroirs de jolis petits cailloux et branches de bois dans sa chambre. Ok. Et bien voilà mon chemin! Et quel plaisir avec lui hier, sur la plage, de ne pas lui dire “non, je n’ai pas envie de jouer aux playmobils”, mais de prendre deux petites figurines, de leur donner un nom, d’inventer une histoire avec lui. Quel plaisir de voir ses yeux briller à me voir prendre un galet pour faire un lit, un petit bout de bois pour faire une table, une brique de lait, et de l’écouter construire avec moi une histoire….

 

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