Coup de gueule/ bac techno

Encore une fois en colère contre les sujets de bac pro en histoire (pareil à chaque fois pour les sujets des filières technologiques).

Dans ces filières, il y a peu d’enseignement en histoire / géo, il est censé permettre l’acquisition de repères permettant à tout un chacun d’agir comme citoyen et donc de mieux comprendre le monde qui nous entoure. on pourrait supposer que l’évaluation sanctionne justement la maitrise de ces repères de base (grandes dates du XXe siècle, organisation du monde actuel, notion de puissance, distinctions entre les régimes politiques…).
Or le sujet tel qu’il est formulé pose un certain nombre de problèmes qui empêche selon moi cette évaluation.

– En histoire, les deux premières questions sont des évènements à relier à des dates. Rien de tel pour laisser agir le hasard si on ne sait pas.

– Les dates du tableau à compléter ne sont pas dans l’ordre chronologique : rien de tel pour brouiller quand on sait (même moi j’ai été obligée de vérifier car ça m’embrouillait).

– Il y a de l’implicite dans les questions, OR repérer l’implicite EST UNE AUTRE COMPETENCE (surtout dans une question qui est uniquement factuelle). (et on sait par ailleurs que c’est une compétence particulièrement discriminante socialement, car repérer l’implicite est globalement quelque chose qui s’apprend partout ailleurs qu’à l’école, ce qui signifie dans bien des cas : pas du tout). Exemple question 3 en histoire “Citez 3 ex qui illustrent la puissance mondiale des Etats-Unis du lendemain de la seconde guerre mondiale à 1989” : pourquoi ne pas fire “pendant la guerre froide”? On demande ici aux élèves de repérer que la question porte sur la guerre froide , donc il y a deux questions en une (les dates de la guerre froide / la puissance des EU à ce moment là).

– Les documents sont difficiles. Ainsi ce document sur la laïcité que je dois relire trois fois pour vérifier que la séparation dont il parle est bien celle de l’Eglise et de l’Etat, ce qui parait évident vu le sujet, mais bizarre dans la formulation.

– Certaines questions sur docs ne sont pas possibles à faire. Exemple en géo “décrivez de manière aussi précise que possible le voyage…” : c’est ce que fait le texte!!!! Comment on fait? On recopie????

– Les questions sont posées dans un ordre très bizarre. Ainsi dans le 1er sujet de géo, tout porte sur l’espace Schengen : on ne peut pas comprendre ni le doc 1 ni le doc 2 sans savoir ce qu’est l’espace Schengen, on ne peut répondre aux questions 1-2-3 non plus. Et la question 4 est “Présentez ce qu’est l’espace Schengen”. Mais l’élève qui a répondu aux 3 autres questions sait forcément ce que c’est!!!! Pourquoi donc ne pas la poser en premier.

Ensuite je vois d’ici les inspecteurs pour les corrections : oh, comptez bon, si c’est pas ça c’est pas grave.
Donc pour résumer : on pose des questions alambiquées alors qu’on a peu d’exigence et pour compenser le fait que personne ne comprend rien aux questions on surnote.

On pourrait tout simplement faire des sujets CLAIRS, avec des exigences modestes (ils ne sont pas des spécialistes), mais réelles (on connait les dates de la guerre froide, on sait expliquer ce que c’est, compléter une frise, remplir une carte : ça veut dire qu’on a LES BASES et qu’on les a VRAIMENT), et des questions qui reflètent ce qu’on veut que les élèves sachent.
Ainsi l’élève qui connait bien les bases de son cours (c’est à dire a des repères pour comprendre le monde) pourrait facilement avoir une très bonne note, et l’impression de réussir.
Celui qui n’a pas travaillé en verrait aussi facilement le résultat.

Alors que là : on a des élèves frustrés qui ont travaillé mais ratent toujours sans comprendre pourquoi, des élèves contents car ils ont réussi au petit bonheur la chance mais sans savoir pourquoi non plus.
Cela ne favorise ni l’acquisition des compétences, ni des connaissances, ni de la confiance en soi (si on bosse = on a le résultat = on peut avoir quelque chose à quoi se fier). OR ces trois choses devraient être nos objectifs de profs.

Grrrrrr!

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