Quand j’imagine l’école de mes rêves

Souvent quand je vais courir ou marcher seule, j’imagine l’école dans laquelle je voudrais travailler, et l’école dont je rêverais pour mes enfants mais pas seulement (pour l’enfant que j’ai été?).

3 principes de base sur lesquels je ne change jamais :
1° Le mélange des âges. 3-6, 6-12, 12-15….Ou… 3-15 dans des groupes d’une quinzaines d’enfants?
2° La qualité de l’environnement proposé. Cela ne signifie pas le luxe matériel, mais des choses belles, de bonne qualité, la présence de la nature par des plantes et animaux (en ville), un jardin (à la campagne), des ressources qui donnent envie de jouer, de découvrir (“loose part”, livres, instruments de musique…).
3° Un espace qui ressemble à une maison (inspiration : Montessori – on le sait peu mais elle écrit dans ses livres les espaces scolaires comme des “maisons des enfants”) : des endroits où l’on peut se concentrer dans le calme (“travailler”/”jouer”), une cuisine et un lieu pour se retrouver tous ensemble, des endroits pour se reposer (dormir, lire…).

C’est plus fluctuant sur l’organisation de la journée. En gros la question est toujours : est ce qu’il y a des moments spécifiques pour des apprentissages “formels”? Est ce qu’il y a des moments d’activité imposée (on fait chaque jour un peu de français, un peu de maths, un peu d’anglais…)? Si on écoute Bernard Collot on peut se libérer complètement de ces contraintes et pourtant (ou ainsi?) permettre aux enfants d’apprendre plein de choses, y compris bien sûr les fameux “fondamentaux”.

Dans un premier temps, pour les éducateurs comme pour les enfants, surtout ceux qui seraient passés par un système scolaire plus classique, j’imagine quand même une répartition du temps matin/après midi.

Les matins : travail en autonomie ou en groupe par ateliers : autour du langage / des maths /de la découverte du monde (inclut sciences physiques et naturelles, histoire et géographie, langues….).
Des activités sont à disposition sur des petits plateaux, des invitations si on reprend plutôt la terminologie regianne.
Les plus grands ont aussi à leur disposition des plans de travail (inspiration Freinet) avec des ceintures de compétences (inspiration Oury et la pédagogie institutionnelle – voir par exemple le travail de François Lamoureux).
Les enfants peuvent choisir leurs activités, en respectant certaines règles (le calme, aller ranger le plateau une fois que l’activité est terminée…).

Les adultes  accompagnent les enfants dans leur réalisation de l’activité (en la présentant d’abord- Montessori, ou non! -Reggio). Voici trois exemples qui me paraissent très inspirants : une classe d’inspiration Reggio au Canada, l’expériementation de Céline Alvarez à Genevilliers, et celle de Christian Maréchal.

Les adultes sont attentifs à chaque enfant pour leur proposer des activités qu’ils sont capables de faire (ne pas mettre en difficulté) mais avec une difficulté suffisante pour susciter leur interêt. Ils proposent des ressources correspondant aux demandes et aux intérêts des uns et des autres (livres, jeux…).

La fin de la matinée est consacrée à préparer le repas tous ensemble, mettre la table, ranger et nettoyer ce qui a été utilisé le matin.
Après le repas, un temps calme pour tout le monde. Il y a des lits, des canapés : on peut choisir de dormir un peu, de lire, de se reposer, de faire des jeux calmes.

J’imagine les après midi dehors :
– Découverte de la nature : grandes promenades, travail dans un potager, explorations naturalistes….
– Découverte des métiers : visites auprès de tous ceux qui veulent bien nous accueillir (et en premier lieu les parents des enfants présents) sur leur lieu de travail pour nous montrer en quoi consiste leur métier : dans l’agriculture, l’industrie, les services…
– Partage des savoirs : visites auprès de tous ceux qui veulent bien partager avec nous leurs savoirs. On peut imaginer aller faire de la confiture chez une mamie du village, apprendre à reconnaitre les plantes chez une dame qui a un grand jardin etc. Occasion d’échanges intergénérationnels si les personnes que nous voyons sont retraitées…

Et puis, bien sûr, des sorties plus classiques (musées, théâtre…). Mais j’aime imaginer que la majeure partie des activités peut être en fait très simple, à partir de la découverte de tout ce qui est déjà là, très proche de nous. L’école est souvent si coupée du monde! (à voir d’ailleurs la text d’élèves qui vous découvrent à la caisse d’un supermarché : Mais Madame! Vous faites vos courses!).

Créer une école de ce type signifie, matériellement : trouver un lieu et arriver à financer au moins deux emplois à plein temps. Si les seules ressources sont celles des cotisations parentales, c’est compliqué car cela devient très inaccessible. Pour moi, une cotisation acceptable ne devrait pas dépasser 100 euros, ou dans l’idéal, être indexée aux revenus, disons de 50 à 250 euros (?).

A suivre. Je continue la réflexion. Ecrire permet de poser les choses.

 

 

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