Comment ne pas être une mère parfaite

IMG_0020Quand ma meilleure amie, de toujours, de l’enfance, m’a offert ce livre, j’ai été étonnée, elle qui déteste tout ce qui de près ou de loin ressemble à une publication de “développement personnel”, ce nouveau rayon principal des librairies ou surtout des magasins de livres. “Parce que c’est rassurant, et que quoi qu’il arrive tu es la meilleure d’entre toutes” a t-elle écrit en première page (j’adore cette manière, ancienne, oubliée, d’offrir un livre en signant sur la première page, toujours vierge d’habitude, comme réservée à cet effet).

Bref : j’ai dévoré ce texte écrit par une anglaise journaliste qui raconte comment elle s’en sort, elle, comme maman (qui travaille). Le point de départ est simple : elle a écrit à une cinquantaine de mères de son entourage “qui a elles toutes, ont quatre-vingt-six enfants”, tous âges et styles de vie confondus, et elle leur a demandé comment elles faisaient, concrètement, comment se déroulaient leurs journées, leurs “trucs” et ce qu’elles auraient aimé savoir à l’avance. Elle en tire un récit enlevé et drôle, conçu comme un manuel, ou plutôt un anti-manuel, découpé en chapitres allant de la grossesse à “la deuxième fournée”.
Partant du constat, que dès le début, les mères en font trop, elle montre comment contourner l’obsession de la perfection et l’invasion de la culpabilité, passer de la sainte au sergent, tout en s’occupant bien des enfants, en passant du bon temps avec eux (justement), et en tirant de ce rôle de parent les énormes gratifications qu’on peut effectivement en tirer.

Elle mêle, pour moi de manière assez habile, le plaisir d’être maman, et la nécessité de ne pas s’absorber entièrement dans ce rôle, gagner du temps quand c’est possible, garder son espace, aussi. Un extrait de l’introduction résume assez bien l’état d’esprit :

“Un jour, j’ai observé deux mères qui prenaient le thé. Elles avaient toutes deux des enfants casse pieds. L’une d’elles disait sans arrêt : “ne touche pas la tasse, mon chéri, c’est chaud, tu vas te brûler”. L’autre présentait les choses différemment : “ne touche pas la tasse, mon chéri, elle est à Maman”. j’ai remarqué que la seconde réussissait à boire son thé, repoussant les assauts du petit monstre et défendant ses droits pied à pied, alors que la première, qui avait posé sa tasse hors d’atteinte sur une jolie étagère, n’est pas arrivée à en boire une gorgée. Elle est repartie, fatiguée et assoiffée, prête à enchainer avec le bain où elle s’épuiserait à inventer de nouveaux jeux et à amadouer son gamin.
Je pense que la plus égoïste et la moins “parfaite” des deux mères (qui sans doute profitait de l’heure du bain pour se vernir les ongles de pieds pendant que son gamin pataugeait gaiement dans la baignoire) était la plus heureuse. Quant aux enfants, je ne pense pas qu’ils y voyaient une grande différence”. ”

Ce qui est particulièrement appréciable dans ce livre, c’est qu’il n’y a pas de théorie, pas de parentalité positive ou d’autorité bienfaisante, pas de neurologie ou de psychologie, encore moins de psychanalyse ou de pensée magique. Toutes choses fort intéressantes par ailleurs et parfois, mais dont les messages chacun si affirmé et pourtant tellement contradictoires entre eux feraient perdre la raison à n’importe quel être normalement constitué.
Du bon sens, du pragmatisme.
On veut tous bien s’occuper de nos enfants, ET on veut tous garder notre calme et notre intégrité face à ce petit être qui fait 1/3 de notre taille à 2 ans mais dont les émotions, les exigences, et chaque nouveauté peuvent à la fois nous exaspérer, nous attendrir, nous épuiser, nous faire plier d’amour immense. On doit trouver des stratégies.
A chaque situation, mille solutions, que Libby Purves présente, même quand elles sont contradictoires. Des solutions éprouvées dans des familles, et qu’on testera parfois tour à tour. Face aux colères de celui qui a 22 mois, parfois je l’isole, parfois je l’écoute, parfois je le gronde, parfois je détourne son attention, tout dépend du moment, de mon humeur, de la sienne aussi avant la colère. Et c’est bien comme ça!

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